Valorisation des matériaux recyclés et secondaires

Une utilisation modérée des matières premières et de l’énergie contribue à une construction routière durable. Des matières dites secondaires peuvent constituer une alternative à la consommation de matières premières, la plupart du temps non renouvelables et dont les réserves ou la disponibilité s’épuise(nt) donc. Il s’agit ici de matériaux déjà utilisés dans des travaux d’infrastructure ou dans l’un ou l’autre procédé ou produit industriel et qui, une fois arrivés en fin de vie, sont considérés comme des déchets.

Les déchets pierreux principalement – par exemple, débris de démolition de bâtiments et routes, ou différentes sortes de scories de l’industrie du fer et de l’acier – peuvent être revalorisés par une application dans des granulats en construction routière par exemple, où ils remplacent des matières premières naturelles fraîchement extraites comme le calcaire, le gravier ou le sable. Outre dans des granulats, certains matériaux/débris peuvent être recyclés en/dans du liant, des adjuvants ou un produit fini, par exemple des cendres volantes de centrales utilisant le charbon comme combustible, des plastiques ou des déchets de caoutchouc.

Une valorisation des déchets en matériau secondaire pour la construction routière ne peut pas purement et simplement constituer une alternative pour le traitement des déchets – la route n’est ni une poubelle ni un dépotoir. Dès lors, ces matériaux alternatifs doivent satisfaire à des exigences strictes tant en ce qui concerne la législation environnementale qu’en ce qui concerne la qualité technique.

Scories inox comme matériau secondaire
Débris de béton provenant de la démolition d'une route

L’étude de ces matériaux alternatifs est au programme du CRR depuis de nombreuses années.

Ces matériaux secondaires ou recyclés ont souvent des caractéristiques particulières telles qu’ils réagissent différemment des matériaux traditionnels connus. Aussi, ils constituent un thème intéressant pour la recherche. Une étude peut aboutir à la formulation de recommandations sur la manière dont il faut utiliser ces matériaux, à l’application de méthodes d’essai particulières ou à l’utilisation d’un appareillage spécial.

Au niveau des enrobés bitumineux, la prise en considération du développement durable se reflète notamment dans l’attention sans cesse croissante portée tant sur le recyclage des débris bitumineux que sur la valorisation des matériaux secondaires issus d’autres secteurs industriels. L’avantage économique est certes considérable pour le producteur d’enrobés, mais il importe encore plus d’encourager les acteurs du secteur à traiter de plus en plus les matériaux disponibles de manière écologique.

Le CRR consacre beaucoup d’attention à cette thématique très actuelle. L’étude réalisée dans le domaine se situe à deux niveaux différents, à savoir celui des matériaux et celui du mélange bitumineux. Lors de l’étude des matériaux (p.ex. les débris bitumineux ou les matériaux secondaires), on se concentre sur leurs caractéristiques tant écologiques que techniques. En guise d’exemple, citons l’étude portant sur l’extraction et la récupération des liants modifiés au polymère, la détection de contaminants tels que le goudron dans les débris bitumineux à mettre en œuvre ou bien encore sur la détermination de la capacité des scories à être utilisées comme granulats dans les mélanges bitumineux. Au niveau du mélange bitumineux, l’accent est mis sur la mise au point de la formulation volumétrique à l’aide de PradoWin (voir Composants et formulation des mélanges), sur l’impact des matériaux recyclés sur les performances des mélanges dans lesquels ils sont utilisés, déterminé via des essais performantiels (voir Développement d’essais pour le bitume et les enrobés) et sur l’optimisation des techniques de production pour le recyclage.

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